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Titre du blog : Littérature assassine...
Auteur : LazloSprand
Date de création : 23-11-2008
 
posté le 09-06-2009 à 23:24:06

14 septembre... (2)

Ils se retournèrent et virent Pierce, Aspidistra, James, Kate, Phoebe et Roman qui les fixaient menaçants.

« Qui a l’avantage, maintenant ? » demanda Ronan avec un sourire carnassier.

Leurs aînés comprenant que la situation avait tourné en leur défaveur, tentèrent de prendre la fuite par l’autre côté… et tombèrent sur Shin dont la simple vue aurait suffit au plus inexpugnable Charentais pour se rendre compte que le moment n’était à l’évidence pas bien choisi pour le contrarier. Justice put alors être rendue.

            Une fois le problème résolu, Leila et Hans se retrouvèrent seuls dans le couloir.

« Merci, pour tout à l’heure.

 _ Pourquoi ? Tout le monde aurait fait de même. »

Leila fit la moue.

« Tu es sûr ? »

Elle le fixait bizarrement.

« Vraiment certain ? Ou dis-tu cela pour te donner bonne conscience ? Je ne crois pas que ce soit pour cela, petit chevalier.

_Ne m’appelle pas comme ça ! 

_Tu ne crois pas que tu ne dis pas tout ce que tu voudrais dire. »

Hans se figea.

« Tu sais ce que je voudrais dire.

_Et qui te dit que je n’accepterais pas ? »

Il se retourna surpris et n’eu le temps que d’ouvrir ses bras pour recevoir Leila qui lui tomber dessus.

« Mais… tu… 

_Tais-toi, il vient un temps où l’esprit doit se taire pour laisser place au cœur, non ? 

_Oui mais… »

Elle l’embrassa simplement pour le faire taire.

« Regarde-les, je n’ai jamais Hans aussi heureux, ni aussi rouge que maintenant, » fit Pierce.

            La porte de la classe s’entrouvrit et un élève blond, puissant mais sec portant un uniforme impeccable, un sac de sport et une raquette de tennis entra. Jimmy Trabert, le charismatique capitaine du club de tennis du lycée, classé pour les tournois individuels régionaux, déposa ses affaires à côté de son bureau puis leva les yeux.

« Où est Hans ? »

Pierce lui répondit avec un clin d’œil.

« Il est pour l’instant indisponible. »

Il lui indiqua du menton le couloir où Hans et Leila se câlinaient amoureusement.

« Il sort enfin avec elle ?

_Enfin, oui… 

_Je voulais qu’il m’aide à remplir la feuille de réservation des locaux de l’établissement pour la rencontre de samedi. 

_Il devrait avoir fini bientôt. »

Jimmy se rassit et soupira.

« Encore des problèmes ? »

Il releva la tête à la question de Pierce.

« Depuis le départ des aînés, il ne reste plus que cinq titulaires indiscutables au niveau lycée – dont quatre en double – plus moi. Il nous manque donc un vrai joueur capable de gagner en simple et je ne sais pas où le trouver. »

Il regarda Pierce en plissant les yeux.

« Ton parrain était un ancien joueur professionnel, non ? »

Pierce opina du chef.

« Il ne t’aurait pas appris une ou deux chose qui pourrait te servir pour jouer convenablement ? 

_J’ai toujours été nul. Si tu veux un bon joueur prêt à l’emploi c’est lui qu’il faut convaincre. »

Jimmy se tourna et vit Shin entrain de se disputer avec Aspidistra.

« Lui ? 

_Oui, avec de l’entraînement il pourrait même peut-être te battre. »

Il rit. 

« Comment peux-tu en être si sûr ? 

_Il a un talent de copieur inné : il peut copier les techniques de quelqu’un à plus de 90 % en les ayant simplement vues quelques fois… »

Jimmy le fixa intéressé.

« Je pourrais peut-être faire un match contre lui. »

Pierce acquiesça.

« Shin, tu fais quoi ce soir ? 

_Rien, pourquoi ? 

_Maintenant, tu fais quelque chose : passe au club de tennis à 16heure 30 avec tes affaires. »

Shin le dévisagea, soupçonneux.

« Tu m’embarques encore dans quelle histoire foireuse ? »

Pierce lui décocha une formidable tape sur l’épaule en souriant.

« Tu es scout, non ? Ton boulot c’est d’aider les autres quand ils en ont besoin, non ? Bon alors arrêtes de râler et mets-y un peu du tien sinon on va finir par croire que tu n’es qu’un lâche qui se défile à la première difficulté. »

La réaction pavlovienne que Pierce attendait ne tarda pas : telle la foudre s’abattant sur un arbre esseulé, sa main intercepta le bras de Pierce et le broya dans sa poigne de fer.

« Ne parle pas de ça ! »

            L’après-midi s’acheva enfin : la sonnerie cristalline retentit contre les murs de briques et de béton aux fenêtres de verre et d’acier faisant jouer sur le tableau les effets lumineux avec une profondeur particulière en cette fin si douce d’un été qu’on aurait voulu éternel. « Un temps tout à fait approprié pour un match, » pensa Jimmy en enfilant son tee-shirt. « Le ciel est bleu mais le soleil ne nous gênera pas et il n’y a pas de vent. » Il huma l’air comme pour se relaxer. « Peut-être un peu trop lourd, mais qu’y peut-on ? » Il entra sur le terrain et caressa une des balles avec laquelle ils allaient disputer la partie : il aimait ces petits moments tranquilles durant lesquels il se sentait judicieusement seul au monde, maître de son destin et libre de toutes les contraintes extérieures qui vous ramènent si soudainement parfois à la dure réalité de l’existence. Il releva la tête alors que les autres se présentaient à la porte du court.

            Jimmy posa sa raquette sur le banc et enleva son bandana. « Puissant, rapide, précis et totalement imprévisible, un joueur pareil convenablement entraîné pourrait devenir un véritable monstre. Rien que d’y penser j’en ai froid dans le dos… » Il enfila sa veste d’uniforme puis attrapa la feuille de match et y inscrivit un nom en simple 2. « Les blessures de Simon Smith et de Peter Cash qui jouent normalement en simple sont des coups durs mais s’il peut signer pour nous prêter main forte, ça devrait passer… »

             Il y eut un soir, il y eut un matin…